Confort d’été en RE2020 : DH, seuil 350 °C.h et DHmaxcat, et comment éviter la surchauffe sans clim

La RE2020 ne s’intéresse pas uniquement au chauffage et aux émissions carbone : elle impose aussi une vérification du confort d’été dans les logements neufs. Pour cela, la méthode de calcul utilise un indicateur central : le DH (degrés-heures d’inconfort).

Si vous faites construire (ou si vous comparez des projets), comprendre ce que signifie le DH vous aide à poser les bonnes questions : la maison risque-t-elle de surchauffer ? faudra-t-il installer une climatisation ? Voici un guide simple pour comprendre les seuils RE2020 (350 DH, puis DHmaxcat) et les solutions efficaces pour limiter la surchauffe.

Qu’est-ce que le DH (degrés-heures d’inconfort) ?

Le DH est un indicateur qui additionne, heure par heure, l’inconfort lié à une température intérieure trop élevée. Plus la température dépasse le seuil de confort, et plus longtemps, plus le DH augmente.

La RE2020 se base sur une approche dite de confort adaptatif : le seuil de confort n’est pas strictement le même tous les jours. On retrouve une référence autour de 26 °C, avec une tolérance qui peut augmenter en journée (jusqu’à environ 28 °C) lorsque les jours précédents ont été chauds, tandis que la nuit le seuil reste plus bas. L’objectif est de refléter le fait qu’on « s’habitue » partiellement à la chaleur, tout en protégeant les périodes sensibles (notamment le sommeil).

Les deux seuils clés : 350 DH, puis DHmaxcat (qui varie)

La RE2020 distingue deux niveaux :

  • DH < 350 °C.h : le confort d’été est considéré comme assuré, et il n’y a pas de pénalisation spécifique liée à l’inconfort.
  • DH entre 350 et DHmaxcat : le bâtiment peut rester conforme, mais la méthode considère qu’un recours au refroidissement pourrait devenir nécessaire ; un forfait de refroidissement est alors intégré au calcul des consommations (même sans clim installée).
  • DH > DHmaxcat : l’inconfort est jugé excessif et le projet devient non conforme à l’exigence RE2020.

Point important : DHmaxcat n’est pas une valeur fixe. Selon la catégorie et les caractéristiques réglementaires du bâtiment, on peut rencontrer des valeurs de référence autour de 1 250 DH dans certains cas, et jusqu’à environ 1 850 DH dans d’autres. Retenez surtout que c’est un seuil calculé et contextuel : demandez au bureau d’études quel est le DHmaxcat applicable à votre projet.

Pourquoi dépasser 350 DH peut vous impacter (même sans climatisation)

Parce que la RE2020 ne se contente pas d’un “oui/non” : au-delà de 350 DH, elle ajoute un forfait de refroidissement dans le bilan. Résultat : cela peut dégrader l’indicateur énergétique global, et compliquer l’optimisation du projet.

En pratique, un bon confort d’été permet :

  • de réduire le risque de devoir installer une climatisation plus tard,
  • d’améliorer le confort au quotidien lors des canicules,
  • de limiter l’impact sur la performance réglementaire.

Solutions efficaces pour réduire le DH (sans clim) : les incontournables

La surchauffe se joue surtout sur les apports solaires et la capacité du logement à évacuer la chaleur. Voici les leviers les plus efficaces :

1) Protéger les baies vitrées… surtout à l’ouest

Le soleil de fin de journée (faible hauteur) peut surchauffer rapidement les pièces. Privilégiez des protections solaires extérieures : volets, stores, brise-soleil orientables, pergolas, casquettes.

2) Limiter les apports solaires non maîtrisés

De grandes baies apportent de la lumière, mais augmentent les apports de chaleur si elles ne sont pas protégées. L’objectif : trouver un équilibre entre lumière, vues et protection.

3) Favoriser la ventilation traversante et la surventilation nocturne

Quand la nuit est plus fraîche, la meilleure stratégie est d’évacuer la chaleur accumulée : ouvertures opposées, circulation d’air, et organisation des pièces qui facilite le flux.

4) Miser sur l’inertie (capacité à stocker la chaleur)

Une bonne inertie (dalle, murs intérieurs, matériaux massifs) peut retarder et réduire les pics de température en journée. L’effet est encore meilleur si la maison peut se rafraîchir la nuit.

5) Soigner la toiture et les combles

En maison individuelle, la toiture est un point sensible. Une isolation performante, une bonne étanchéité à l’air et des choix de matériaux adaptés contribuent à limiter la surchauffe.

6) Réduire les apports internes

Éclairage, cuisson, électroménager : tout cela produit de la chaleur. Les équipements efficaces et les usages (cuisine, four, etc.) comptent lors des périodes très chaudes.

7) Végétaliser et créer de l’ombre autour du logement

Arbres caducs, haies, pergolas végétalisées : ce sont des solutions simples et souvent très efficaces pour améliorer le microclimat et réduire l’échauffement des façades.

À retenir

  • 350 DH : seuil « confort assuré » (pas de pénalisation liée à l’inconfort).
  • DHmaxcat : seuil maximal à ne pas dépasser (variable selon le projet).
  • Le confort d’été se gagne surtout avec des solutions passives (protections solaires + ventilation nocturne + inertie).
Partagez cette actualité